← Faire la guerre, faire la paix

Page 5 sur 11

II) Comment un État devient-il défaillant ? (2)

En parlant de ces acteurs, caractérisons-les : qui sont-ils ?

On trouve des factions claniques ou communautaires : ce sont des milices armées levées sur une base ethnique ou tribale. Elles mobilisent des solidarités traditionnelles pour s'assurer le contrôle d'une ville, d'un quartier ou d'une route commerciale. Il y a par exemple les clans Hawiye ou Darod en Somalie.

On trouve les Seigneurs de guerre (warlords) et les milices privées : ce sont des chefs militaires opportunistes qui louent leurs services. Ils peuvent contrôler des points stratégiques, protéger des trafics, ou encore piller des ressources.

On trouve également parmi les acteurs des gouvernements étrangers qui financent des rébellions, comme le Rwanda ou l'Ouganda en République démocratique du Congo.

On peut évoquer des groupes armés criminels ou djihadistes, qui profitent de l'absence de police et de justice pour s'implanter et lever des taxes ou recruter des combattants.

Ces groupes peuvent se développer, se multiplier, apporter leur propre justice, exploiter les ressources, ou encore exploiter la colère sociale.

Leurs objectifs sont généralement territoriaux : ils veulent contrôler les routes commerciales, s'emparer des richesses, et bien sûr, ils peuvent vouloir prendre le contrôle de l'État. Ce dernier objectif est le plus grand, et celui dont les conséquences sont les plus importantes : cela peut mener à des guerres civiles.

Une guerre civile, ou guerre intraétatique est une guerre interne à un État. La définition classique de la guerre consiste à les définir comme un affrontement entre deux États antagonistes : l'adversaire est extérieur au territoire, aux frontières. Mais ici, l'adversaire est intérieur.

Une guerre civile peut opposer l'État, avec l'armée nationale, à une faction armée.

Par exemple, la guerre civile espagnole, de 1936 à 1939, a opposé le gouvernement républicain et son armée nationale aux forces nationalistes dirigées par le général Franco.

Dans ces guerres civiles-ci, l'État n'est pas failli : il assume toujours des fonctions régaliennes. Il est un belligérant, et c'est lui qui mène la guerre contre ceux qui le contestent. Ainsi, ce ne sont pas ces guerres civiles que notre propos étudie.

Une guerre civile peut opposer des factions armées qui se battent pour obtenir le contrôle de l'État. Dans ces guerres-ci, l'État ne mène plus la guerre : son armée, quand elle existe encore, n'est qu'un combattant parmi d'autres, et souvent pas le plus fort ; ce sont des factions armées qui se battent pour s'emparer de l'État.

L'État n'est alors plus seulement un belligérant : il est aussi le butin que se disputent ces groupes. Entre ces deux sortes de guerres civiles, la frontière n'est pas toujours nette : tout dépend de la force qui reste à l'État, de celui qui mène la guerre à celui qu'on se dispute.

Les explications conceptuelles sont posées, plongeons dès à présent dans les études de cas.

Pour savoir où tu perds des points en dissertation, il y a l'Atelier diagnostic